A3P

Connexion

L'ANSM envisage de "restreindre l'accès" aux médicaments codéinés

L'Agence du médicament (ANSM) réfléchit aux moyens de "restreindre l'accès" aux médicaments contenant de la codéine, devant l'augmentation des détournements d'usage, en particulier chez les adolescents, a déclaré vendredi l'une de ses dirigeantes.

"Nous sommes en train de réfléchir aux différents leviers juridiques réglementaires" pour "restreindre l'accès trop facile à ces médicaments", suite aux signalements d'"utilisation de ces produits par les adolescents" pour un usage récréatif, a expliqué à l'AFP Nathalie Richard, directrice adjointe du pôle de l'ANSM chargé des antalgiques et des stupéfiants.

La codéine, un antidouleur de la même famille que l'opium, est aujourd'hui disponible en vente libre en France sous forme de sirops contre la toux et en comprimés, si la dose ne dépasse pas 30 mg par comprimé.

L'une des pistes envisagées pourrait être d'interdire la délivrance de ces médicaments sans ordonnance, mais d'autres leviers sont aussi envisagés, a ajouté Mme Richard.

La mère d'une jeune fille de 16 ans décédée début mai d'une overdose de codéine, interrogée vendredi par Le Parisien, a lancé une pétition sur internet pour interdire la vente de cette substance sans ordonnance, qui a recueilli environ 900 signatures en trois semaines.

L'ANSM, qui a reçu les premiers signalements d'usage détourné de ce type en 2013, alertait déjà en mars 2016 sur une "nette augmentation" de "demandes de délivrance suspectes rapportées par des pharmaciens d'officine mais aussi de cas de dépendance ou d'abus ayant pu conduire à une hospitalisation".

L'agence mettait alors en garde en particulier contre la "mode" du "Purple Drank", un mélange de sirop pour la toux à la codéine, de prométhazine (un antihistaminique aux propriétés sédatives) et de soda.

D'autres cas portent sur le détournement de comprimés de médicaments antidouleur associant paracétamol et codéine (Codoliprane, Klipal, Padéryl, etc.), facilement accessibles du fait de leur faible coût (2 à 3 euros la boîte).

Depuis le début de l'année, l'ANSM a reçu cinq signalements d'utilisation abusive de codéine chez des mineurs, dont deux ayant entraîné des décès. Mais ces chiffres ne sont "pas exhaustifs", "il est fort probable qu'il y ait d'autres cas, pas déclarés", a souligné Mme Richard.

En 2016, l'agence avait comptabilisé une quinzaine de signalements, dont deux ayant nécessité une hospitalisation.

L'ANSM lancera dans les prochains mois "une étude spécifique sur ce phénomène", auprès des pharmacies et des services d'urgence pédiatriques, qui permettra d'avoir "des précisions sur la typologie" de ces usages détournés et leurs "conséquences sanitaires", a expliqué Mme Richard.

L'agence entend aussi renouveler l'appel à la vigilance des pharmaciens, qui "peuvent refuser une vente quand ils jugent que la délivrance du médicament peut avoir des conséquences sanitaires", et sensibiliser les professionnels de santé en contact avec les jeunes et les enseignants.

logo a3p-100pxhaut

 fren

S'engager pour partager
Transmettre et progresser ensemble
Promouvoir l'innovation

L’Association A3P est un acteur incontournable de l’industrie pharmaceutique et biotechnologique. 
Créée en 1986, elle contribue au bon développement de la production de médicaments et de matériels propres et stériles, elle anime un réseau de 21 000 professionnels, fabricants et fournisseurs, dans le cadre de Congrès internationaux et de journées techniques.

Elle regroupe aujourd’hui plus de 1700 adhérents qui partagent leurs expériences techniques, scientifiques et réglementaires.

 + d'infos en vidéo ( version gb ici )


  group    Administrateurs A3P
    
& Chargés de missions

letter   Newsletter A3P