Boehringer Ingelheim conforte son ancrage lyonnais avec une nouvelle usine

Jonage (France), 20 sept 2019 (AFP) – Le groupe allemand de médecine vétérinaire Boehringer Ingelheim a confirmé son ancrage lyonnais en posant vendredi la première pierre d’une usine qui, à sa mise en service en 2022, sera le plus grand centre au monde de production de vaccins contre la fièvre aphteuse.
   La future usine, implantée à Jonage (métropole de Lyon), représente un investissement de plus de 200 millions d’euros. Ce projet permettra la création d’une centaine d’emplois directs, ont indiqué les dirigeants du groupe lors de la cérémonie.
   L’usine produira essentiellement des vaccins contre la fièvre aphteuse mais aussi, pour environ 10% de son activité, des vaccins contre la fièvre catarrhale ovine.
   Ses clients seront, non pas les vétérinaires ou les éleveurs, mais les autorités vétérinaires nationales, désireuses d’empêcher la propagation d’une épidémie ou de vacciner les animaux dans les zones touchées afin d’éradiquer la maladie.
   Non dangereuse pour l’homme, la fièvre aphteuse peut avoir des conséquences économiques considérables: en 2001, les autorités britanniques avaient dû se résoudre à faire abattre plus de 6 millions d’animaux pour un coût de l’ordre de 10 milliards de dollars.
   Boehringer Ingelheim conservera à Jonage les souches des sept sérotypes de la maladie et de certaines variantes afin de pouvoir lancer au plus vite la fabrication du vaccin adéquat en cas d’apparition de la maladie dans une zone jusqu’ici indemne. Le délai de production sera ainsi ramené à 5-11 jours au lieu de 6-9 mois.
   La France était bien placée pour accueillir cette implantation car l’Anses Maisons-Alfort est le laboratoire international de référence pour la fièvre aphteuse. Lyon est pour sa part historiquement liée à cette maladie car c’est dans cette ville que Charles Mérieux créa en 1947 l’Institut français de la fièvre aphteuse (IFFA).
   Société familiale, Boehringer Ingelheim est devenu le numéro deux mondial de la médecine vétérinaire en rachetant en 2017 les activités dans ce domaine de Sanofi, Mérial, lointain successeur de l’IFFA.
   Aux craintes de délocalisation vers l’Allemagne de ces activités, Boehringer Ingelheim a répondu par une rafale d’investissements à Lyon: un nouveau siège social à Gerland (pour un coût de 50 millions d’euros), un centre de recherche et développement (70 millions) et une unité de vaccins aviaires (65 millions) sur le site de Porte des Alpes, et maintenant cette nouvelle unité de vaccins.
   Dans la région lyonnaise, le  groupe est aussi présent à Lentilly (stockage et conditionnement) et à Saint-Vulbas (centre de R&D clinique en santé animale).
   « Boehringer est un très bon citoyen », s’est félicité Alain Mérieux, « très heureux » de cet investissement, en rappelant qu’il avait, enfant, assisté à la pose de la première pierre de l’IFFA.
   Le groupe allemand compte toutefois supprimer 130 emplois dans ses activités vétérinaires en France, en raison de doublons avec l’Allemagne.
   « Nous avons trouvé des solutions pour 70 personnes et avons bon espoir pour une vingtaine d’autres », a commenté Erick Lelouche, le président France des activités vétérinaires de Boehringer Ingelheim, qui pense pouvoir limiter les départs contraints à une cinquantaine de personnes.

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