Bpifrance et France Biotech lancent un « Observatoire » du transfert de technologies

Paris, 6 déc 2018 (AFP) – Bpifrance et l’association des entreprises françaises de biotechnologie France Biotech ont annoncé jeudi la création d’un « Observatoire » du transfert de technologies, qui sera dédié dans un premier temps au secteur de la santé, pour contribuer à « fluidifier » et « professionnaliser » les pratiques.
   « La majorité des sociétés françaises innovantes en santé sont issues directement de transfert de technologies, ou développent des actifs issus de la recherche académique française », a rappelé à l’AFP Franck Mouthon, responsable du groupe de travail sur les partenariats public-privé chez France Biotech.
   Aujourd’hui la situation « n’est pas en échec, mais elle mérite qu’on fasse en sorte que ce soit beaucoup plus fluide », a-t-il ajouté.
   Selon une étude sur le transfert de technologies dans la santé réalisée par France Biotech, en association avec divers organismes et instituts publics de recherche (Inserm, Institut Pasteur, CEA…), les délais pour aboutir à la signature d’un accord sont particulièrement longs: plus de 17 mois en moyenne.
   Ces délais sont la première cause d’insatisfaction pointée du doigt par la soixantaine d’entreprises sondées par l’enquête, provenant majoritairement des biotechnologies, mais aussi du diagnostic, des dispositifs médicaux ou encore de la e-santé.
   Les deux autres difficultés les plus citées sont des causes de ces délais:
des problèmes liés à la copropriété des actifs, appartenant souvent à plusieurs structures académiques à la fois, et des problèmes liés à la renégociation des contrats avec les entreprises.
   Des solutions existent pour réduire ces délais, selon M. Mouthon: comme par exemple se fixer dès le départ un agenda prévisionnel commun du processus d’accord, faire preuve « de plus de transparence » des deux côtés en se basant sur de précédents accords comparables ou encore faire appel au médiateur national inter-entreprises en cas de blocage.
   Selon l’enquête de France Biotech, 12% des sociétés interrogées ont déjà renoncer à un accord de transfert de technologie pour une raison ou un autre.
« C’est juste inadmissible, car tout le monde y perd », a déploré M. Mouthon.
   France Biotech et le réseau des professionnels de la valorisation de la recherche publique (C.U.R.I.E) vont par ailleurs mettre en place une formation inédite sur le transfert de technologies, ouverte tant aux entrepreneurs qu’aux chercheurs.
   L’Observatoire de transfert de technologie devrait s’étendre à d’autres secteurs « dans les mois à venir, avec d’autres partenariats », car les difficultés rencontrées ne « sont pas propres au domaine de la santé », a précisé à l’AFP Paul-François Fournier, directeur exécutif Innovation de Bpifrance.

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