France/sous-traitance pharmaceutique: capter de nouvelles production et viser l’export

La sous-traitance pharmaceutique en France a des atouts mais va devoir préserver les productions existantes, en capter de nouvelles et se développer à l’export, selon un rapport réalisé pour la direction générale des entreprises (DGE) et présenté jeudi.

La production pour tiers de principes actifs utilisés en pharmacie et de médicaments regroupe en France plus de 90 entreprises, PME ou grands groupes comme Sanofi et Servier, employant 17.000 personnes et réalisant 3,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, selon cette étude menée par le cabinet Alcimed pour le DGE.

La fabrication de médicaments pèse 2 milliards d’euros et concerne 35 entreprises et 12.000 emplois, tandis que la production de principes actifs représente des ventes de 1,6 milliard d’euros réalisées par 57 entreprises employant 5.100 personnes.

« C’est un secteur d’importance stratégique pour l’exportation » et qui d’autre part « garantit une sécurité d’approvisionnement » et la « qualité des processus de fabrication », a souligné Bertrand Gallezot, adjoint du directeur général des entreprises.

Le rapport fait dix recommandations dont l’élargissement du Crédit impôt recherche (CIR) à tous les lots pilotes, le renforcement de l’expertise de l’ANSM -l’agence du médicament-, la mise en place d' »offres vitrines » en direction de l’international et l’amplification des programmes d’accompagnement à l’export.

La situation est différente pour les deux activités, mais toutes deux ont des forces et des faiblesses.

La fabrication de principes actifs, concurrencée par l’Asie depuis les années 1980, est montée en gamme depuis le début des années 2010, et peut miser sur « une expertise reconnue », explique le rapport.

Mais cette activité doit surmonter des faiblesses comme une « visibilité réduite », en particulier sur la production de médicaments biologiques et un environnement réglementaire et normatif « peu propice à l’investissement productif ».

A l’horizon 2025 toutefois, la croissance des biotechnologies et les molécules dites « de haute activité »constituent « des opportunités fortes » pour la France.

Dans le secteur du médicament, les entreprises opérant en France ont développé une capacité d’ajuster leur production qui les différencie de leurs concurrents allemands ou italiens.

Mais la principale faiblesse est la prédominance de médicaments matures sous forme sèche orale, qui fait face à des pressions à la baisse sur les prix de la part de concurrents basés en Europe de l’Est.

« Il faut en permanence chercher à améliorer la compétitivité », a résumé Géraldine Börtlein, directrice associée chez Alcimed.

Mais « si on baisse trop les prix, les investissements vont en pâtir », a prévenu Pascal Leguyader, directeur des affaires industrielles du Leem, le syndicat de l’industrie pharmaceutique.

« En termes d’emploi, on ne peut pas substituer l’ensemble des emplois du médicament chimique par du biologique », a souligné de son côté Sébastien Aguettant, président du groupe Delpharm.