Sanofi veut convertir au numérique toutes ses usines mondiales d’ici 3 ans

Paris, 15 nov 2018 (AFP) – Le géant pharmaceutique français Sanofi prévoit d’adapter tout son réseau industriel mondial aux nouvelles technologies numériques d’ici fin 2021, en investissant 60 millions d’euros sur la période, a déclaré jeudi le responsable des affaires industrielles du groupe, Philippe Luscan.
   Ces nouvelles technologies, permettant notamment de suivre en temps réel toute la chaîne de production ou d’effectuer de la « maintenance prédictive » à l’aide de capteurs connectés et de systèmes d’intelligence artificielle, sont « un élément clé de notre compétitivité industrielle », a déclaré M. Luscan lors d’un point presse à Paris.
   Sanofi va consacrer 20 millions d’euros par an sur les trois prochaines années à déployer ces nouveaux outils dans chacune de ses 75 usines dans monde, a-t-il ajouté.
   Six usines pilotes adopteront ces nouvelles technologies dès l’an prochain:
une nouvelle unité de médicaments biologiques à Framingham, près de Boston (est des Etats-Unis), son usine de vaccins à Toronto (Canada), un site de produits injectables de Waterford (Irlande), l’usine de médicaments chimiques de Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence), ainsi qu’une usine de médicaments sans ordonnance au Brésil et une autre en Chine, produisant des médicaments dits « matures ».
   « Ce sera plus facile dans les unités nouvelles que dans les unités anciennes, qui nécessitent une transformation des procédés », a reconnu M.
Luscan, en assurant toutefois de « l’appétence considérable » des salariés pour ces nouveaux outils, censés faciliter leurs tâches.
   Sanofi compte ainsi en finir avec les documents papier dans ses usines, une gageure sachant à quel point la production pharmaceutique est soumise à des normes réglementaires et autres données.
   C’est particulièrement le cas pour les médicaments issus du vivant, les
biotechnologies: « Un dossier pour un seul lot d’un médicament biologique, c’est entre 5.000 et 10.000 pages, et il y a 6.000 données captées pour chaque lot », a souligné M. Luscan.
   Or la part des médicaments biologiques dans le portefeuille de produits en développement de Sanofi atteint désormais plus de 70%, en comptant les vaccins.
   Sanofi a massivement investi ces dernières années dans son réseau industriel mondial, à hauteur de 4,7 milliards d’euros sur la période 2013-2018, dont les deux tiers dans la bioproduction, en vue de figurer dans le top 3 mondial de la production biopharmaceutique.
   Plusieurs outils numériques que Sanofi va déployer en production seront présentés au grand public lors du salon « L’Usine extraordinaire » au Grand Palais à Paris du 22 au 25 novembre.

Partager l’article